Entreprises en hyper-croissance : Mais comment font-elles ?

D'après Marc Lengrand, "l’hyper-croissance d’une entreprise ne doit rien au hasard et s’explique souvent par une combinaison de facteurs". Explications.

Publié le 24/08/2018 par Equipe Eco121 / Lecture libre / Temps estimé: 2 minutes

Après dix années de bouleversements économiques, financiers et technologiques, la France a pu démontrer sa capacité à faire émerger un écosystème entrepreneurial innovant et dynamique. Durant cette période, des entreprises françaises ont su faire croître leur chiffre d’affaires de plus de 15% en moyenne annuelle et ce pendant au moins 3 ans. KPMG a interrogé une centaine de dirigeants de ces entreprises en hyper- croissance pour mieux comprendre leurs moteurs, leurs enjeux et les difficultés rencontrées dans ces phases d’accélération.

La culture d’entreprise est le 1er levier de croissance interne pour 40 % des dirigeants. L’hyper-croissance d’une entreprise ne doit rien au hasard et s’explique souvent par une combinaison de facteurs. Si les facteurs externes (taille et solvabilité du marché, intensité concurrentielle...) permettent de définir le potentiel global de croissance, c’est bien l’activation de leviers internes qui permet à l’entreprise de le libérer. Les principaux facteurs endogènes, avec 40% des réponses, sont la culture d’entreprise et l’état d’esprit des collaborateurs qui apparaissent comme les soutiens essentiels à la croissance, avant l’investissement, l’avantage concurrentiel ou les moyens financiers disponibles.

Près de 6 entreprises sur 10 considèrent la gestion des talents comme le principal défi en phase de croissance. 71 % des dirigeants déclarent avoir rencontré au moins une difficulté lors de la phase d’hyper-croissance de leur entreprise. Parmi eux, 57 % citent le recrutement comme principal obstacle sur le chemin de la transformation de l’entreprise en phase de forte croissance, devant la gestion de trésorerie (37%) et l’adaptation de la gouvernance (22%). Au-delà des sujets RH, les dirigeants interrogés sur leurs enjeux prioritaires pour maintenir la croissance sur le long terme déclarent investir en priorité dans l’outil de production et la R&D (37%), le pilotage de la performance et du contrôle de gestion (35%) et l’internationalisation (27%).

La nécessaire évolution de la gouvernance et des hommes Pour maintenir la croissance, 40 % des dirigeants anticipent l’évolution de leurs organes de gouvernance et le renforcement de leur équipe dirigeante avec notamment le recours ponctuel à des experts externes. En résumé, l’hyper-croissance trouve ses racines dans un état d’esprit entrepreneurial, mêlant un nécessaire devoir d’utopie à une importante rigueur managériale et organisationnelle nécessaire pour maintenir la cadence et éviter les risques de surchauffe.