Et si l’IA n’était qu’une bulle ?

"ChatGPT n’est que la partie émergée d’un iceberg bien plus grand."

Publié le 03/02/2026 par Bignon Lebray / Lecture libre / Temps estimé: 2 minutes

Benjamin Mourot, avocat associé Bignon Lebray, en propriété intellectuelle et nouvelles technologies
Benjamin Mourot, avocat associé Bignon Lebray, en propriété intellectuelle et nouvelles technologies

On a connu les véhicules autonomes, les NFT, Second Life, le métavers, la blockchain et les casques de VR. Chacune de ces innovations était présentée comme révolutionnaire et devait transformer nos vies. Alors que penser de l’IA ? Est-ce réellement une technologie porteuse d’un changement de paradigme, ou est-ce encore un objet technologique passager frappé d’une hype transitoire voué à disparaître ? A la date de rédaction de ces lignes, les signaux émis par le marché, les décideurs du numérique et les technophiles restent discordants. En novembre 2025, les analystes et journalistes financiers se sont émus de la disparition de près de 1 000 milliards de dollars de capitalisation chez les géants de la tech impliqués dans l’IA. La faute à l’essoufflement d’un modèle économique trop incertain. Et il n’en fallait pas plus pour que soit pointé le risque d’une bulle financière sur le point d’éclater.

Cette fois pourtant, il semble bien que la révolution annoncée par les géants de la tech trouve des applications concrètes dans le quotidien de Madame et Monsieur Tout-le-monde, moldus de l’IA. Et ChatGPT n’est que la partie émergée d’un iceberg bien plus grand. L’IA est déjà au travail en coulisses depuis plusieurs années dans notre quotidien, directement ou indirectement : prévisions météorologiques, assistance aux diagnostics médicaux, traduction et reconnaissance vocale, génération et ordonnancement de documents, analyses et surveillance des flux de véhicules, jusqu’à l’intégration dans des systèmes d’armes autonomes.

Alors il va falloir apprendre à vivre avec l’IA. Et surtout, il va falloir apprendre à s’en servir car, à terme, nombreuses seront les professions intellectuelles qui en tireront profit. Parmi les soft skills les plus recherchés par les recruteurs dans les mois à venir figurera en bonne place la capacité d’apprendre à apprendre (« learning ability »). Car la révolution de l’IA sera continue.

Reste enfin la question épineuse de la souveraineté numérique et de la dépendance technologique aux outils étrangers, dans un contexte géopolitique empreint d’unilatéralisme. Il est urgent et stratégique que les Européens construisent rapidement leur indépendance technologique et cessent de répondre favorablement au chantage d’un allié dont on peut légitimement douter qu’il en soit encore un. Le marché commun de l’UE constitue notre principale ressource naturelle. Arrêtons de le brader à coup de droits de douane et de digital omnibus : our market, our values, our rules. Take-it or leave-it !