Financer ses projets autrement : le rôle clé des dispositifs non dilutifs

“Les financements publics et crédits d'impôt sont des leviers stratégiques à intégrer dans la gestion normale des projets d'entreprises".

Publié le 03/06/2026 par KP MG / Lecture libre / Temps estimé: 2 minutes

Guillaume Martenot, associé International Tax et Alexandre Ferjule, consultant senior Financements publics chez KPMG Avocats
Guillaume Martenot, associé International Tax et Alexandre Ferjule, consultant senior Financements publics chez KPMG Avocats

Dans un contexte de complexification de l’accès aux financements privés, les entreprises ne peuvent plus structurer leurs projets autour d’un levier unique. Pourtant, beaucoup écartent encore les financements publics avant même d’en analyser le potentiel, souvent par crainte de démarches perçues comme complexes, incertaines ou excessivement administratives. Ignorer ces leviers devient alors un risque stratégique, car bien mobilisés, ils réduisent la part d’autofinancement, limitent la dilution et sécurisent des programmes de dépenses.

Les entreprises disposent aujourd’hui d’un ensemble de leviers financiers et fiscaux capables d’accompagner leurs projets d’innovation, d’industrialisation ou de transition écologique. Subventions, incitations fiscales à la recherche et au développement (CIR, CII, CICo, IP Box), ou dispositifs sectoriels (C3IV pour les technologies vertes, CIJV pour le jeu vidéo, etc.) : ces outils, lorsqu’ils sont bien intégrés, deviennent des accélérateurs de compétitivité.

L’enjeu n’est pas d’accumuler les dispositifs, mais de les activer au bon moment, dans une logique cohérente associant financements publics, leviers fiscaux et capitaux privés, au service de projets solides et alignés avec les attentes des financeurs et de l’administration.

Toutefois, une telle stratégie ne s’improvise pas. Un périmètre mal défini, un chiffrage approximatif ou une articulation maladroite entre plusieurs dispositifs peuvent fragiliser une demande, réduire l’effet de levier attendu, voire créer un risque en cas de contrôle. Les exigences de l’administration, les règles de cumul, les critères d’éligibilité, la traçabilité des dépenses et le respect des calendriers doivent donc être anticipés et structurés.

Cela suppose de disposer de compétences internes dédiées ou de s’appuyer sur un accompagnement spécialisé, capable de sécuriser l’obtention de ces financements et d’en optimiser l’impact.

Réhabiliter les financements non dilutifs comme un réflexe stratégique ne revient donc pas à multiplier les démarches, mais à intégrer les bons dispositifs dans la gouvernance des projets. Pour les entreprises, le véritable risque n’est plus de recourir à ces outils ; mais de ne pas les avoir identifiés suffisamment tôt, au point de limiter, retarder ou abandonner un projet faute de marge de manœuvre financière.