Gens du Nord

"Les géographes qui ont dessiné la carte des Hauts-de-France ont mis tout le monde d’accord avec cette appellation où se reconnaissent aussi bien les Picards que les Flamands. Cependant ils ne nous ont guère aidés pour nous donner un nom."

Publié le 29/10/2019 par Equipe Eco121 / Lecture libre / Temps estimé: 2 minutes

Qui sommes-nous ? Les géographes qui ont dessiné la carte des Hauts-de-France ont mis tout le monde d’accord avec cette appellation où se reconnaissent aussi bien les Picards que les Flamands. Cependant ils ne nous ont guère aidés pour nous donner un nom. Alors chacun y va de son bon mot : Hauts- de-Français, France-Hautains, France-Hautistes ! Pourquoi tomber dans le ridicule alors que nous avons les « Gens du
Nord », ceux qui ont dans le cœur le soleil qu'ils n'ont pas dehors comme le chante si bien Enrico qui lui, venait du sud. Quant à ceux qui proposent Nordistes, ils oublient que ces Yankees sont venus exploiter les malheureux sudistes dans les territoires dévastés par la guerre de Sécession.

Les gens du Midi nous reconnaissent comme chaleureux et accueillants. Du Nord, ils aiment les plages infinies de sable fin où filent les chars à voile, les couchers de soleil qui rougeoient jusqu'à la nuit.

Du Nord, ils envient les familles entrepreneuriales qui ont généré de grandes entreprises à vocation mondiale. Du Nord, ils attendent le vent annonciateur de temps sec et de grand soleil. C'est un fort sentiment d'appartenance qui rassemble ces gens du Nord à commencer par ce parler picard même si dans la bouche de Dany Boon, l'accent ch'ti sonne faux tout comme dans celle de Line Renaud qui a perdu le sien il y a bien longtemps sur les planches de Las Vegas.

Cependant autant ce sentiment est prégnant à Amiens ou à Saint- Quentin, autant il est inexistant dans l'Oise. Comment ceux qui vivent dans la pierre blonde de Chantilly se reconnaîtraient-ils dans les briques d'une lointaine capitale si peu accessible, eux qui ont le RER à leur porte ?

Encore faudrait-il que cette région se reconnaisse dans une puissante capitale régionale à l'exemple de Lyon. Il y faudrait une vraie ville et non cet agglomérat hétéroclite d'aimables bourgades et de villages ruraux dont les maires gardent jalousement le pouvoir qu'il leur reste sur les heures d'ouverture du cimetière,
le fleurissement du monument aux morts et la nomination du directeur de l'école maternelle.