Investir en période d’incertitude : pourquoi la bourse rémunère mieux 
les investisseurs patients ?

"Le supplément de rendement offert par les actions, aussi appelé prime de risque, est distribué de manière aléatoire. Il récompense les investisseurs capables de traverser les périodes inconfortables."

Publié le 03/06/2026 par Banque Populaire Du Nord / Lecture libre / Temps estimé: 2 minutes

En ces temps, une fois de plus chahutés, il nous semble intéressant d’aborder ce sujet.

La gestion d’actifs repose sur un concept fondamental : le couple rendement-risque. Plus l’espérance de rendement est élevée, plus le risque associé l’est également. Pour l’illustrer, la performance moyenne de l’indice actions MSCI Europe dividendes réinvestis au cours des 10 dernières années s’élève à 7.68% l’an, avec une volatilité de 13.12% (au 31-12-2025). Si la notion de performance est facile à visualiser, le risque est, quant à lui, un événement futur difficile à appréhender jusqu’à qu’il ne se produise. Il se définit par trois principales mesures : la volatilité (les fluctuations quotidiennes), le max drawdown (baisse maximale mesurée lors d’une baisse de marché) et la probabilité de perte (probabilité de performance négative sur une durée donnée).

A long terme, la performance des actions reflète les fondamentaux économiques tels que la croissance des bénéfices et les dividendes versés aux actionnaires. A court terme, les nouvelles informations quotidiennes, ont un effet sur les anticipations de croissance et provoquent un ajustement des cours boursiers. En cas de forte remontée de l’incertitude, les cours évoluent brusquement à la baisse pour tenir compte de cette dernière. Lorsque l’incertitude diminue, les cours retrouvent progressivement leur niveau initial.

En finance, on différencie la capacité au risque de la tolérance au risque. La capacité dépend de facteurs mesurables tels que l’horizon de placement ou le patrimoine global, tandis que la tolérance est plus subjective et psychologique. Elle dépend de la faculté de l’investisseur à demeurer investi en période de turbulences, privilégiant l’inaction disciplinée.

Le supplément de rendement offert par les actions, aussi appelé prime de risque, est distribué de manière aléatoire. Il récompense les investisseurs capables de traverser les périodes inconfortables. Par conséquent, les meilleures périodes boursières s’avèrent rares, imprévisibles et constituent l’essentiel des rendements sur longue période.

L’analyse de la performance du MSCI Europe sur les 10 dernières années corrobore cette idée. Sur cette période, les 10 meilleurs jours de bourse représentent près de la moitié du rendement total. Ces hausses sont déclenchées par des catalyseurs imprévisibles par nature (décision de banque centrale, annonce géopolitique, retournement du sentiment de marché…). L’autre moitié provient principalement des dividendes, perçus régulièrement et qui récompensent la patience de l’investisseur.

En définitive : « L’inconfort d’aujourd’hui est souvent le rendement de demain ».

L’un des pièges les plus courants pour l’investisseur est de prendre des décisions fondées sur le « bruit », c’est-à-dire l’agitation du marché. En ce sens, le rôle du gérant d’actifs, n’est pas uniquement de sélectionner les bons titres. C’est aussi de proposer un accompagnement pour ne pas céder à la pression émotionnelle du moment.