La face cachée d’une bonne trésorerie

"En cette période épidémique, l’économie du pays est mise à mal et l’intégralité des entreprises a dû s’adapter rapidement pour y faire face."

Publié le 28/05/2020 par Equipe Eco121 / Lecture libre / Temps estimé: 2 minutes

Christophe Nony, associé, et Tanguy Grime, superviseur, Restructuring KPMG
Christophe Nony, associé, et Tanguy Grime, superviseur, Restructuring KPMG

En cette période épidémique, l’économie du pays est mise à mal et l’intégralité des entreprises a dû s’adapter rapidement pour y faire face. De leurs côtés, l’Etat et les Régions ont mis en place un certain nombre de mesures permettant de soutenir les entreprises et de les aider à traverser cette crise.

Des mesures ponctuelles pour soulager la trésorerie

Les actions de soutien mises en place par le gouvernement ont un effet quasi immédiat sur la trésorerie, qu’il s’agisse des mesures de chômage partiel, de report de charges sociales et d’impôts directs, de loyers et de crédit-bail. Ces mesures, couplées à une réduction du Besoin en Fonds de Roulement (BFR), elle-même en lien avec la baisse d’activité, entraînent une bulle de trésorerie qui pourrait paraître suffisante pour traverser la crise.

L’anticipation d’une reprise coûteuse

La reprise d’activité sera coûteuse, notamment par (i) le paiement des échéances différées, (ii) le dispositif de chômage partiel qui va devenir plus contraignant dans le temps, (iii) la reconstitution du BFR pour relancer l’activité (iv) un niveau de chiffre d’affaires qui ne sera pas celui d’avant la crise et (v) le coût induit par la mise en place des mesures de protection.

Cette épidémie, révélatrice des enjeux de demain et accélératrice de changement, aura mis en évidence des opérations et des projets à mettre en œuvre au sein des entreprises dont il conviendra d’anticiper les investissements.

Pour retrouver une croissance pérenne

La somme des impacts de mesures ponctuelles et de la reprise d’activité induira certainement une consommation de trésorerie. Il est donc nécessaire que les entreprises sécurisent au maximum leur cash le plus tôt possible. Pour faciliter cette reprise, l’Etat a mis en place un dispositif de Prêt Garanti par l’Etat (PGE) qui peut représenter jusqu’à 25% du chiffre d’affaires et représenter un effet de levier pour renforcer la trésorerie.

Les entreprises doivent donc adapter leurs outils de prévisions et/ou se faire conseiller pour avoir une visibilité de leur trésorerie à deux ans. L’incertitude de l’avenir liée à cette crise doit également donner lieu à la mise en place d’outils de monitoring pour anticiper les éventuelles impasses de trésorerie.

II est nécessaire dès à présent pour les entreprises d’intégrer une véritable culture cash dans la gestion de la trésorerie afin d’être à même d’anticiper les échéances post-covid et d’être résilient face à une crise.