Les paradoxes du leader

"Beaucoup d’encre a coulé pour évoquer les caractéristiques et compétences des leaders post-pandémie. Mais on oublie parfois à quel point le leadership est avant tout un sujet relationnel".

Publié le 29/06/2021 par Equipe Eco121 / Lecture libre / Temps estimé: 2 minutes

Clotilde Croixmarie, consultante et directrice Quintesens Paris.
Clotilde Croixmarie, consultante et directrice Quintesens Paris.

Beaucoup d’encre a coulé pour évoquer les caractéristiques et compétences des leaders post-pandémie. Mais on oublie parfois à quel point le leadership est avant tout un sujet relationnel et que les dirigeants d’aujourd’hui doivent faire face à de nombreux paradoxes dans la gestion de leurs relations.
Je vous encourage à essayer ces trois approches qui peuvent vous paraitre contre-intuitives :

Cherchez le conflit !

Le conflit est souvent un mot tabou en entreprise. On l’associe à autoritarisme, autocratie et comportements agressifs. Et pourtant, c’est une évidence que les avis divergent au sein d’un groupe. C’est justement en acceptant de mettre le conflit au grand jour, de créer des processus respectueux qui permettent de reconnaitre le désaccord, de se le dire et de le traiter avec intelligence et en posture d’adulte, que la transparence et la confiance peuvent émerger.

Ne cherchez pas à être exemplaire !

Bien sûr qu’il faut chercher à se comporter en accord avec ses valeurs. Mais encore faut-il avoir bien défini les valeurs et comportements attendus dans l’entreprise et les avoir intégrés collectivement et individuellement. Tout cela est ô combien difficile. Cherchez plutôt à être faillible !
En effet, si vous acceptez d’être vulnérable, d’être humble, de co-créer des solutions plutôt que de rester campé sur votre position, et surtout à reconnaître publiquement vos erreurs, alors là, presque malgré vous, vous deviendrez exemplaire et inspirant. Et le reste de l’organisation aura envie de vous suivre.

Renoncez à votre pouvoir de décision !

Vous reconnaissez vous dans le manager épuisé d’être constamment sollicité pour prendre des décisions ? Ou dans celui qui est las de participer à des discussions et réunions sans fin sans savoir qui de vous ou de vos col- lègues prendra la décision ? Vos équipes vous reprochent-elles de ne pas prendre de décisions assez vite, ou au contraire trop vite ? Aujourd’hui plus que jamais les leaders ont besoin d’agir et décider vite, au plus près du problème ou du terrain. Mais encore faut-il avoir pris le temps de définir les processus et les mécanismes de prise de décision. Si cela est fait explicitement, les décisions peuvent alors se prendre beaucoup plus fréquemment, rapidement et avec un sens partagé des responsabilités à tous les niveaux de l’organisation... et pas juste par vous ! Et si, pour avancer, vous demandiez à vos collègues comment ils vous perçoivent sur ces trois sujets ?