Madeleine-Bastille

« La meilleure façon de transporter les gens, c'est de ne pas avoir à les transporter »

Publié le 24/08/2018 par Equipe Eco121 / Lecture libre / Temps estimé: 2 minutes

Autoroutes saturées et trains bondés. Vacances terminées, nous voilà revenus à l'insupportable quotidien. Un quotidien chaque année de moins en moins supporté.

Et si la solution, nous la trouvions à peu de frais dans l'adage « la meilleure façon de transporter les gens, c'est de ne pas avoir à les transporter » ? Blague d'humoriste ? Non ! Gros bon sens tout simplement. Fin XIXe, un chansonnier avait tourné en dérision l'impériale bondée du Madeleine-Bastille, cet omnibus hippomobile qui transportait les Parisiens en longeant les Grands Boulevards, ceux que chanta Montand un siècle plus tard « si tous les gens de la Madeleine habitaient la Bastille, se moquait-il, il n'y aurait pas besoin d'omnibus ». Et si tous les gens qui se lèvent dès l'aurore pour « passer avant les bouchons » de l'A 25 ou de l'A1 habitaient dans la Métropole, ils gagneraient une heure de sommeil chaque matin et autant le soir. Un inestimable gain de qualité de vie ! Mais ces forçats aux nuits trop courtes ne votent pas pour vous, messieurs les 90 maires de Lille ; ils votent pour de modestes maires ruraux dans les Flandres ou dans le bassin minier. Ils sont victimes d'urbanistes venus d'ailleurs qui leur ont imposé des règles étrangères à leur mode de vie. Celui que nous partageons avec nos voisins hollandais ou anglais qui bichonnent leur gazon et taillent leurs rosiers. Des urbanistes pour lesquels l'étalement urbain est un gros mot et nolens volens privilégient le périurbain, pourtant le pire de tous car il consomme davantage encore de terres agricoles ! Ils sont ainsi faits les gens du Nord et vous ne les changerez pas. Ils veulent une maison à eux prolongée par un jardin, fut-il mouchoir de poche, et refusent espaces verts craignos et cabines d'ascenseur taguées. Incapables de trouver chez eux ce qu'ils cherchent, ils roulent des kilomètres pour réaliser leur rêve. Et tout cela parce que, fraîchement élu, un truculent président de Communauté Urbaine stupidement appelée CUL, décida tout aussi stupidement il y a maintenant un demi-siècle de geler 40 000 ha agricoles, alors que 10 000 suffisaient largement pour les poireaux et autres légumes de proximité. Cinquante ans ont passé. On dit maintenant MEL mais aucun élu n'ose briser le tabou et proposer non seulement de créer ex nihilo une forêt urbaine de 10 000 hectares, mais encore d'urbaniser 20 000 ha, c'est-à-dire 200 millions de m2, excusez du peu ! 10 000 + 10 000 + 20 000 = 40 000. Le compte est bon.

Attendons 2020 et le suffrage universel direct. Foin des conservatismes, un jeune président sera alors plébiscité sur un programme ambitieux, celui d'une ville unique bi-millonnaire qui existera enfin sur la carte de l'Europe.