Mobilisation générale XXL pour l'Autorité douanière européenne

Lille avait manqué l'agence européenne du médicament. Le 6 février, un Comité Grand Lille ad hoc avec un impressionnant parterre de personnalités s'est tenu pour mettre toutes les chances du côté de la métropole face à 8 villes concurrentes pour accueillir la future Autorité douanière européenne.

Publié le 08/02/2026 par Olivier Ducuing / Lecture libre / Temps estimé: 3 minutes

Il y avait le 6 février au campus patronal Entreprises & Cités un parfum des grands jours du Comité Grand Lille. Le ban et l'arrière-ban des forces vives de la Métropole, élus locaux, chefs d'entreprise, académiques, et représentants de la société civile sont venus faire bloc derrière une candidature à haut enjeu: l'implantation de l'Autorité douanière européenne. La ministre des comptes publics Amélie de Montchalin mais aussi le président national du Medef Patrick Martin, parmi une palanquée de personnalités de haut rang, avaient également fait le déplacement pour appuyer de toutes leurs forces ce projet. Même Emmanuel Macron s'est fendu d'un message vidéo. «Nous sommes tous unis. Je suis à vos côtés, pleinement mobilisé, nous avons tous les atouts pour réussir».
L'enjeu? Un organisme européen de 500 collaborateurs, destiné à moderniser et harmoniser les outils des douanes européennes, mieux encadrer le e-commerce et renforcer la lutte contre la fraude.

«Ce n'est pas une agence de plus. C'est une agence décisive!», s'est enthousiasmée Amélie de Montchalin. La ministre et Xavier Bertrand ont du reste plaidé de concert la candidature lilloise devant le parlement européen fin janvier. La région, frontalière, de tradition commerçante millénaire, dotée d'une école des douanes à Tourcoing, mais aussi d'un pôle numérique et cyber bien structuré, sans compter une façade portuaire puissante, a tous les atouts. Lille de son côté, est une métropole très européenne, non seulement par ses connexions avec les grandes capitales voisines mais aussi avec ses écoles internationales à commencer par l'école Jacques Delors, à Marcq-en-Baroeul.

9 ans de loyer payés par l'Etat

«J'entends dire que la candidature de Lille coche toutes les cases. Est-ce que ça suffit pour gagner? Non!», nuance Pascal Lamy, ancien directeur général de l'OMC. «Sur la ligne d'arrivée, la partie émotionnelle comptera beaucoup», estime-t-il, soulignant que Lille a de ce point de vue toutes les qualités, avec «cette façon européenne de vivre ensemble».

«Ce n'est pas une candidature politique. Il y a un seul parti ici, c'est celui de la candidature de l'autorité européenne», martèle Xavier Bertrand.

Outre un soutien moral, l'Etat apporte aussi un pactole de 50 M€ correspondant à 9 années de loyer. Les clés de l'Agora, immeuble de bureaux à proximité immédiate de Lille Flandre, sont prêtes à être confiées à l'union européenne.

La victoire n'est cependant pas encore acquise. Il y a quelques années, la région avait manqué l'Agence du médicament, partie à Amsterdam. Cette fois, huit autres villes européennes sont en lice, parmi lesquelles Rome, Varsovie, Malaga, Liège ou Zagreb. Selon des sources lilloises, Varsovie et Malaga tiendraient la corde avec la capitale des Flandres.

Le processus politique jouera aussi un rôle important. Il passera par deux circuits parallèles: le parlement européen doit faire son choix pour définir les deux finalistes, et le Conseil des ministres doit procéder de la même façon. Si les deux décisions se rejoignent, il faudra encore trancher entre les finalistes. Si Lille est présent dans les deux short lists avec un concurrent différent, elle sera retenue, ce qui est la meilleure option espérée

Et si les choix sont divergents, une procédure dite de «déconfliction» sera mise en œuvre. En principe, les finalistes seront connus fin février, mais les circuits européens ont leur logique propre.

Dossier à suivre, de près.