Opale

"Rarement bleue, parfois verte, souvent grise avec des reflets d'argent, cette mer est comme l'opale qui donna son nom à notre côte. Je l'ai parcourue cet été, lesté du tout nouveau Guide du Routard « littoral Hauts-de-France ». "

Publié le 26/08/2019 par Equipe Eco121 / Lecture libre / Temps estimé: 2 minutes

Rarement bleue, parfois verte, souvent grise avec des reflets d'argent, cette mer est comme l'opale qui donna son nom à notre côte. Je l'ai parcourue cet été, lesté du tout nouveau Guide du Routard « littoral Hauts-de-France ». Cet ouvrage m'a permis, après avoir bronzé idiot, de faire du tourisme intelligent. En furetant dans ma librairie préférée, j'avais trouvé en fond de rayon les deux tomes de « La côte d'opale à la Belle epoque ». Avec les nantis de cette fin XIXe douce aux riches, j'ai découvert les terrasses du Royal Picardy et les parties d'indoor polo ainsi que tous ces loisirs inventés par les gentries parisienne et londonienne pour échapper à l'ennui des malheureux oisifs... Pourquoi là ? C'est un notaire avisé, un certain Alphonse Daloz, qui acheta à l'Etat dans une vente aux enchères 1600 hectares de lais de mer. Il fixa les dunes avec des oyats et planta des pins maritimes. C'était en 1837. Le Touquet était né. 100 ans plus tard, les congés payés venus du bassin minier en tandem osent venir pique-niquer sur les pelouses de « l'arcachon du Nord » à la stupeur des bourgeois en canotier qui de leur vie n'avaient jamais vu un « prolétaire ». Quoi de neuf depuis lors ? Si peu, alors que la demande de loisirs, de vacances et surtout de courts séjours a explosé. Dans les hôtels d’Hardelot en Août, les deux tiers des clients étaient Belges !

Ecoutons le professeur Laurent Davezies : « les territoires les plus prospères ne sont pas ceux où l'argent est gagné mais là où il est dépensé ». Président Bertrand, intéressez-vous à cette économie résidentielle. N'avez-vous pas pour obsession la création d'emplois ? Or ceux générés par cette économie-là sont par nature indélocalisables. En outre, ils ne sont pas mécanisables, pas davantage celui de la femme de chambre de l'hôtel que celui du barman du restaurant. Commençons par ce port de plaisance de 2000 anneaux au pied de Nausicaa. La demande est là ; à Nieuwpoort comme en Angleterre, la liste d'attente s'allonge chaque année.