Qui sommes nous ?

Où l'ancien capitaine d'industrie, ancien président de la CCI Grand Lille et ancien président du Comité Grand Lille plaide pour l'union réelle du Nord-Pas-de-Calais et de la Picardie, qui ont déjà tant en partage.

Publié le 27/04/2018 par Equipe Eco121 / Lecture libre / Temps estimé: 2 minutes

Nordistes nous étions. Nordistes nous resterons. Mieux encore : «Gens du nord» Pierre Bachelet, Enrico Macias ou Dany Boon, ceux qui parlent de nous, c'est toujours avec affection. Et voilà ces Hauts-de-France qui viennent chambouler cette image. Comment allons-nous désormais nous appeler? Occitanie ou Bretagne, elles ont de la chance ces régions dont le nom plonge dans l'Histoire.

Mais que c'est difficile pour les Picards !
Combien de temps faudra-t-il laisser au temps pour que nous nous habituions à ces Hauts-là? Une génération peut-être. Mais que c'est difficile pour les Picards ! Pour Amiens qui perd son titre de capitale régionale. Pour Chantilly dont chaque matin les quais du RER sont noirs de monde, où chaque année le grand prix de Diane attire les élégantes du tout-Paris. Pour Laon dont la cathédrale, du haut de sa colline, snobe le faux gothique de la Treille. Pour Senlis, fière d'avoir fait roi Hugues Capet, 700 ans avant que son lointain successeur ne conquiert la Flandre.

Voilà ce petit monde vivant dans l'orbite parisienne depuis des siècles et auquel on demande de faire allégeance à une métropole excentrée et lointaine. Une métropole à laquelle ils ont du mal à s'identifier tant est lilliputienne sa ville-centre guère plus peuplée que Limoges! Comment pouvons-nous demander à ces populations éloignées de se reconnaître dans leur capitale régionale alors que nous avons été incapables, depuis cinquante ans que la Communauté Urbaine existe, de faire accepter par nos élus qu'ils ne sont que les maires d'arrondissement d'une seule grande ville? C'est pourtant la même plaine à betteraves, piquetée des même croix blanches des cimetières de la Grande Guerre et entre les falaises du Blanc Nez et celles de Mers-les-Bains la même couleur indécise de la mer pour laquelle on a inventé l'opale.

Ce sont aussi les mêmes poches de pauvreté avec leurs corollaires de vote frontiste, à Calais comme à Beauvais, à Denain comme à Bohain, en un mot, la même région. Combien d'années aura-t-il fallu pour fondre Nord et Pas-de-Calais ? Le temps de deux guerres mondiales et de deux crises économiques, celle du charbon, celle du textile. Un siècle de souffrances et de drames qui ont soudé une population.

Il en faudra beaucoup moins cette fois, n'en doutons pas, car les jeunes vivent le temps présent et n'ont que faire de ces références historiques. Ils voyagent en Europe et savent que seuls comptent aujourd'hui les puissants länder, les generalitat qui font trembler le pouvoir central et les deux régions de notre voisin immédiat qui se passent fort bien d'un pouvoir de plus en plus évanescent.