Slow-life et lâcher-prise

"Nous n’avons encore rien vu. L’économie du pays est en suspens. Les entreprises comptabilisent les pertes, écrivent les crash-tests les plus pessimistes pour ne pas avoir de mauvaises surprises."

Publié le 28/05/2020 par Equipe Eco121 / Lecture libre / Temps estimé: 2 minutes

Pascaline De Ruyver, directrice associée Quintesens
Pascaline De Ruyver, directrice associée Quintesens

Je suis perplexe... A l’heure où j’écris ces mots, nous sommes à 1 jour de la fin du « confinement ». Je croyais que j’allais compter les heures avant de retrouver cette vie « presque » normale mais il n’en est rien ! J’ai même presque peur de la suite... En fait, je crois que je n’ai pas tout à fait envie que cela revienne comme avant... J’ai aimé ces deux mois et au risque d’être politiquement incorrecte, j’ose dire que j’ai aimé le fait de ne rien pouvoir et donc devoir programmer, d’être limitée dans mes achats, mes déplacements, mes loisirs... J’ai aimé prendre le temps, marcher, écouter la radio, déjeuner dehors, me poser au soleil, jouer, cuisiner, ranger, trier, jeter... J’ai aimé cette SLOW-LIFE imposée.

Bien sûr, j’ai travaillé aussi et même beaucoup mais avec un autre rythme, le réveil décalé d’une heure, des journées plus courtes, des rituels d’équipe revisités et le sens de l’essentiel pour plus d’efficacité. Bien sûr, il y a eu et il y a toujours de l’inquiétude pour l’équipe, les clients, la qualité de notre service et surtout pour la pérennité de notre activité. Rien n’est joué... On a fait ce que l’on a pu, donné le meilleur de nous-mêmes mais cette fois, sans tout maîtriser, sans avoir le contrôle... Nous avons appris à nous ADAPTER. Le LÂCHER-PRISE a été indispensable, il reste aujourd’hui obligatoire. Quel exercice difficile ! Quel exercice apprenant et j’espère fondateur pour la suite. Aujourd’hui, nous n’avons encore rien vu. L’économie du pays est en suspens. Les entreprises comptabilisent les pertes, écrivent les crash-tests les plus pessimistes pour ne pas avoir de mauvaises surprises. Le gouvernement promet son soutien. Les clients gèlent leurs budgets non indispensables. Les équipes s’organisent pour se transformer en Shivas exemplaires au service de leurs enfants, de leur maison, de leur famille, de leur travail. Beaucoup s’investissent aussi dans les associations pour se sentir utiles et vivre pleinement cet épisode inédit de notre histoire, plutôt que de le subir.

Je fais le vœu, sans savoir très bien comment le concrétiser que chacun sortira grandi de cette épreuve, que les idées vont fuser pour rebondir, qu’un peu plus de sagesse guidera nos pas et que nous n’oublierons pas trop vite. En attendant, je vais reprendre le chemin du bureau avec joie car vous m’avez tous manqué. Je suis pressée de vous revoir en chair et en os ; associés, collègues, collaborateurs, clients, accompagnés, prestataires... Serrons-nous les coudes, ensemble, on est plus forts ! Et souvenons-nous que nous ne pouvons pas tout prévoir. Ayons donc tous les sens en éveil pour saisir les opportunités à venir. Soyons malins, agiles et solidaires !