Toyota : plus d’un quart de siècle de compétitivité territoriale

KPMG et Nord France Invest ont réalisé entre avril et septembre 2025 une enquête qualitative auprès de douze entreprises à capitaux étrangers basées en région, pour analyser leur impact sur le territoire. Tout au long de l’année, Eco121 publiera les témoignages de ces entreprises pour en décrypter le modèle de développement et d’interaction territoriale.

Publié le 03/06/2026 par Equipe Eco121 / Lecture libre / Temps estimé: 3 minutes

Quand on s’appelle Toyota, premier constructeur automobile mondial depuis six ans, la performance industrielle est le critère numéro un, pour maintenir sa compétitivité. Cette loi d’airain prévaut avec succès à Onnaing depuis 1998 quand le groupe japonais décide d’y implanter son tout 1er site français pour y produire la Yaris. Toyota annonce alors un investissement de 610 M€ (4 milliards de francs) pour produire 150 000 véhicules par an, avec la 
création de 2 000 emplois. 28 ans plus tard, Toyota Motor Manufacturing France (TMMF) a quasiment triplé la mise, plus que doublé ses effectifs et s’approche désormais des 300 000 véhicules par an (100% hybrides). Ce qui en fait le 1er site de production automobile de l’Hexagone. Sa montée en charge a été marquée par l’évolution du modèle Yaris, avec sa récente version 4 et le modèle Yaris Cross, qui ont suscité une nouvelle tranche de 450 M€ d’investissement. Le site, qui s’appuie sur le fameux Toyota Production System (TPS), une référence mondiale, assemble un véhicule en 58 secondes, la cadence la plus élevée parmi les 64 sites Toyota. Cette performance tient aussi à tout l’écosystème attiré par le géant japonais à Onnaing et dans la région. Toyota Boshuku, Toyota Tsusho, Toyotomi, sans compter de multiples transporteurs et autres prestataires se sont déployés dans un rayon proche et le mouvement pourrait se poursuivre avec la venue probable d’un sous-traitant turc. « Pour avoir une certaine compétitivité, il faut une réactivité, il faut une chaîne logistique courte. Et il faut avoir des fournisseurs autour du site, sinon ça ne marche pas », décode Rodolphe Delaunay président de TMMF et président de l’ARIA (Association Régionale de l’Industrie Automobile). Le volet social est également essentiel, avec une culture d’entreprise très atypique, des salaires sensiblement au-dessus du marché, mais surtout un accompagnement en profondeur des trajectoires professionnelles pour monter en responsabilités et en compétences.

La société se veut aussi un acteur responsable, très engagé dans la performance environnementale – une ferme solaire XXL doit par exemple voir le jour autour de la piste d’essais et sur les parkings des salariés, dans le cadre d’un engagement zéro carbone dès 2030 – mais aussi dans l’ancrage territorial. L’entreprise est liée à plusieurs établissements de formation dont l’INSA Hauts-de-France et l’ICAM, elle a créé sa propre fondation pour soutenir des associations du territoire de multiples initiatives notamment autour de l’accès à l’emploi, la sécurité routière ou l’environnement. « On est fiers du territoire. On est chauvins. Dans nos publicités, on parle de la Yaris « Made in Valenciennes ». On veut que ça se sache ! », sourit Rodolphe Delaunay. Le territoire a de gros atouts mais l’avenir de la filière auto dépend aussi de décisions européennes parfois abruptes sur le véhicule électrique. « Il faut que les politiques reviennent à la réalité. Sinon, ce ne sont pas seulement les constructeurs qui vont souffrir mais les équipementiers de rang 1, 2 ou 3. C’est tout l’écosystème qui est en danger », avertit le dirigeant qui réclame avant tout « un cadre stable, une énergie compétitive et moins de taxes » pour pouvoir se projeter sereinement pour les 20 prochaines années .