Travail du 1er mai : une réforme impossible ?

"On peut craindre que cette instruction conduise au contraire à de nouveaux contrôles le 1er mai 2026 et à de nouvelles sanctions".

Publié le 06/05/2026 par Capstan Avocats / Lecture libre / Temps estimé: 2 minutes

Bruno Platel, avocat associé Capstan Avocats
Bruno Platel, avocat associé Capstan Avocats

Si le code du travail prévoit 11 jours fériés, le 1er mai, consacrant la fête du travail, est historiquement un jour obligatoirement chômé. L’article L3133-4 du code du travail est on ne peut plus clair : Le 1er mai est jour férié et chômé.

Toute violation de cette interdiction est pénalement sanctionnée par une amende de 4ème classe, soit 750 € par salarié.

Pour autant, le code du travail identifie une dérogation au chômage des jours fériés pour les entreprises qui « en raison de la nature de leur activité, ne peuvent interrompre le travail ».

En l’absence de texte réglementaire identifiant une liste des catégories d’établisement qui seraient bénéficiaires d’une telle dérogation de droit (comme c’est le cas pour le travail du dimanche), les entreprises sont confrontées à des difficultés d’interprétation.

C’est dans ce cadre imparfait que certaines pratiques ont vu le jour d’une ouverture de commerces le 1er mai parmi lesquels historiquement les restaurants dont le cas a donné lieu à plusieurs réponses ministérielles validant une autorisation d’ouvrir le 1er mai et d’employer des salariés dont la portée est toutefois relative.

En réaction à des contrôles de l’inspection du travail visant en dernier lieu les fleuristes ou les boulangeries ayant abouti à des procès-verbaux d’infraction et des condamnations, une proposition de loi avait été adoptée par le Sénat le 3 juillet 2025.

L’annonce de son examen à l’Assemblée Nationale a donné lieu à l’expression d’une opposition entre les partisans d’une réforme visant à encadrer les dérogations et ceux favorables à un statu quo parmi lesquels les organisations syndicales craignant les dérives d’un élargissement progressif des dérogations à d’autres commerces que les boulangers et les fleuristes et mettant en avant la portée limitée de l’exigence du volontariat.

Au final, le Gouvernement a renoncé à convoquer la commission mixte paritaire et donc à l’adoption de ce texte. En lieu et place d’une réforme visant à sécuriser les entreprises et à tenir compte de l’opinion des salariés, en majorité favorables au travail du 1er mai, est annoncée une instruction sans valeur contraignante qui serait donnée aux services de l’Etat visant à ne pas verbaliser les fleuristes et les boulangeries. On peut craindre que cette instruction conduise au contraire à de nouveaux contrôles le 1er mai 2026 et à de nouvelles sanctions !

La conclusion, que l’on espère provisoire de cette réforme avortée, c’est qu’il est probablement préférable de compter sur le dialogue social pour envisager les réformes sociales futures.