Un petit mot pour éviter les gros maux ?

"Être un bon manager, ce n’est pas être parfait mais c’est être transparent."

Publié le 03/02/2026 par Cabinet QuinteSens / Lecture libre / Temps estimé: 2 minutes

Rébecca Fray, associée et coach professionnelle chez QuinteSens
Rébecca Fray, associée et coach professionnelle chez QuinteSens

Voilà une vérité qui dérange souvent : vos collaborateurs ne jugent pas votre management selon vos bonnes intentions, mais d’après ce que vous leur dites. Peu importe ce que vous aviez en tête, c’est ce qu’ils ont entendu qui compte. Et ce qu’ils entendent détermine leur motivation, leur engagement, et parfois même leur décision de partir.

Je travaille avec des managers et des dirigeants brillants et passionnés, et pourtant, souvent ils sous-estiment la puissance d’une phrase mal placée, d’un ton qui déraille. Ils croient qu’ils dirigent avec des objectifs clairs, mais en réalité, ils dirigent surtout avec leurs mots.

Un « Tu en penses quoi ? » peut faire toute la différence en réinstallant quelqu’un dans sa position. Un « La mission est claire ? » peut éviter des semaines de flou. Un « Merci pour ton implication » peut faire bien plus qu’un simple geste de reconnaissance, il peut redonner de l’énergie et renforcer le lien.

Mais un « On n’a pas le temps », un « Tu aurais dû », ou un « On verra plus tard » ? Ces petites phrases, parfois sans malice, ont un pouvoir destructeur. Elles sèment le doute, la frustration, et parfois même l’envie de partir. Ce ne sont pas de grosses violences, mais des petites attentions mal orientées. Ces mots, souvent innocents, sont ceux qui laissent des traces les plus durables.

Et puis, il y a cette phrase souvent absente dans bien des équipes dirigeantes : « Je me suis trompé ». Une phrase simple, mais d’une force incroyable. Elle n’affaiblit pas votre autorité, elle la rend humaine, crédible. Elle montre que l’erreur fait partie du processus, que la responsabilité n’est pas une faiblesse, mais une force.

Je suis convaincue qu’être un bon manager, ce n’est pas être parfait mais c’est être transparent. Ce n’est pas parler plus, c’est parler juste.

Vos mots ne sont pas là juste pour combler le silence. Ils créent une ambiance, une atmosphère. Et cette atmosphère, elle peut faire en sorte que vos équipes respirent librement… ou qu’elles retiennent leur souffle, en attendant la prochaine remarque.

Vos mots construisent votre réputation, même quand vous n’êtes pas dans la pièce. Ils déterminent ce que l’on osera vous dire… et ce que l’on préfèrera taire. La vraie question n’est pas « Suis-je un bon manager ? » mais plutôt : « Qu’est-ce que mes mots autorisent ? Et, plus important encore, qu’est-ce qu’ils interdisent ? ». Alors, la prochaine fois que vous ouvrez la bouche, demandez-vous : « Est-ce que ce que je vais dire va encourager ou freiner ? ». Et si vous hésitez, arrêtez-vous une seconde. Parfois, le silence vaut mieux qu’une mauvaise phrase.