Un second Phalempin !

Où l'ex président de la CCI Grand Lille et du Comité Grand Lille en appelle à une grande forêt urbaine dans la métropole lilloise, comme à Berlin, Bruxelles ou Amsterdam.

Publié le 17/05/2018 par Equipe Eco121 / Lecture libre / Temps estimé: 3 minutes

«Il n'y a pas d'arbres chez vous!»

Voilà le principal grief que nous font ceux qui viennent d'ailleurs, visiteurs d'un jour ou migrants pour la vie. La forêt, ce n'est pas seulement la promenade dominicale ou la sylvothérapie recommandée par les médecins japonais, c'est aussi le meilleur capteur de CO2 et le meilleur absorbeur de particules fines. Trois fois la santé, trois fois la qualité de vie. C'est pourtant le grand absent des projets d'urbanisme de la MEL.

Ni les 60 ha de la Citadelle ni les 35 ha de Barbieux ne répondent à l'attente de notre population. Phalempin? Ce bois pompeusement appelé forêt est piétiné au retour des beaux jours par deux millions de citadins du Grand Lille.

Avec quelques amis, j'avais créé il y a longtemps déjà l'Association« Un million d'arbres pour Lille» dans l'espoir de sensibiliser nos chers élus à ce cruel manque d'espaces boisés sur le territoire communautaire. Un succès d'estime.« Mais nul sinon Echo ne répondit à mon appel.»

Les échéances électorales sont à l'année, les arbres au siècle

Tiergarten à Berlin, Bois de la Cambre à Bruxelles, Amsterdamse Bos, les habitants de ces grandes villes du Nord-Ouest de l'Europe se promènent dans des forêts de plusieurs centaines d'hectares... Et que dire de ces innombrables parks sans lesquels Londres ne serait pas tout-à-fait Londres?

N'appartenons-nous pas, nous aussi, à cette Europe là? 500 hectares suffiraient pour nous permettre de profiter de toutes les biodiversités. Pas seulement les frênes, les hêtres et les marronniers, mais aussi les jacinthes, les anémones et le muguet du printemps. Plantez et attendez vingt ans. Dans l'humus des feuilles mortes de l’automne, vous verrez poindre les fougères, fourmiller les insectes, brouter les lapins, courir les chevreuils.

«Pas de notre ressort», clament les élus régionaux. «Pas de notre compétence,» répondent en écho les élus communautaires, ignorant sans doute que les élus du Val d'Oise viennent de voter la création d'une forêt de plusieurs centaines d'hectares dans la plaine de Pierrelaye-Bessancourt.

Pardonnons-leur cette indifférence car les échéances électorales sont à l'année, les arbres au siècle. La Fontaine pleurait déjà sur le sort de ce vieillard qui plantait, persiflé par des godelureaux du voisinage et répondant d'une jolie rime : «Mes arrière-neveux me devront cet ombrage».

Planter 300 ha sur les 40 000 ha de terres agricoles que compte le territoire communautaire, moins de 1%, ce n'est pas insurmontable. La Safer est là pour les échanges de terres.

Planter, mais où? Le plus près possible de la ville! A Berlin, la forêt est dans la ville; à Bruxelles,on y accède en tramway. A Lille, ce pourrait être par exemple dans la plaine de Marcq-Bondues. Entre Lille et Tourcoing un demi-million en profiteraient, eux qui pendant leur jogging hebdomadaire respirent à pleins poumons la fumée bleue du Boulevard!

« Tu n'y penses pas», me répondent en chœur ces deux maires amis, «nos terres sont cultivées par dix agriculteurs. Ils sortiraient leurs fourches!» - «D'accord pour les poireaux et les carottes, pourriez-vous leur répondre, mais laissez le blé et la betterave dans les immenses plaines de Picardie, là où les tracteurs tirent des charrues douze socs sur des parcelles, elles aussi, de 300 ha d'un seul tenant.»