Ascoval s'ouvre un nouvel avenir

Au premier plan, le repreneur Bart Gruyaert, au coté de Cédric Orban, Président d'Ascoval Au premier plan, le repreneur Bart Gruyaert, au coté de Cédric Orban, Président d'Ascoval

 

Le repreneur Bart Gruyaert (Altifort) se veut résolument optimiste face à des demandes croissantes de clients potentiels. De quoi redonner confiance et envie aux près de 300 salariés.

 

Née en janvier 201 sous forme d'une joint-venture entre Vallourec et Asco Industrie, l'aciérie de Saint-Saulve Ascoval n'aura pas duré longtemps sous ce statut. Placée en redressement judiciaire, son actionnaire majoritaire ayant failli et disparu en février 2018, l'actionnaire historique, Vallourec, voulant quant à lui se désengager, l'année 2018 aura été plus que difficile pour l'entreprise et ses 281 salariés. Mais le 1er février prochain, une histoire nouvelle commence, sous la houlette du groupe Altifort, basé à Ham (Somme), retenu le 19 décembre par le tribunal de grande instance de Strasbourg au terme d'un feuilleton médiatique, à suspense et à gros enjeu financier.

Altifort apporte dans le projet 35 M€ d'argent en propre, confortés par un factor (30 M€) et un crédit-bailleur (40 M€), auxquels s'ajoutent 47 M€ de fonds publics dont 12 de la Région et 10 de Valenciennes Métropole.

La production d'Ascoval, soit 250 000 tonnes d'acier par an, était jusqu'alors dédiée à deux clients, Schmolz et Vallourec, dont les engagements de commande cessent le 31 janvier. Ascoval est donc confronté à deux enjeux concomitants : trouver des clients, alors qu'elle n'avait pas du tout développé de service commercial jusque là, et réduire le prix de revient à la tonne. L'aciérie est en bonne voie puisqu'elle fabrique à hauteur de 270 € la tonne contre 400 € début 2017. Et son objectif affiché est d'atteindre les 185 €, alors que le prix du marché se situe aux alentours de 220 € aujourd'hui. En attendant d'y parvenir, il faudra vendre à perte courant 2019, même si le repreneur Bart Gruyaert juge plausible d'arriver à l'équilibre plus vite que prévu. Ceci passera par une hausse très forte des volumes, vers 650 000 tonnes, pour mieux amortir les coûts fixes, mais aussi par la réduction des charges variables. Cela passera aussi par un passage rapide de 3 à 5 équipes.

Côté clientèle, les nouvelles sont très encourageantes. Depuis que le petit monde de la métallurgie sait qu'Ascoval (l'aciérie la plus moderne d'Europe, au terme de 200 M€ d'investissements depuis dix ans) était en bonne passe d'être relancée avec un projet solide, les approches de clients se sont multipliées. « On redémarre la production le 7 janvier, le 8 un client italien sera dans l'usine pour son site allemand, il pourrait remplir la moitié de la capacité. Et le lendemain, un de ses concurrents allemands sera à son tour dans l'usine », explique Bart Gruyaert, dirigeant d'Altifort, à Eco121. Un autre client potentiel, un Saoudien, aurait également interrogé Ascoval pour des volumes énormes. Autant dire que l'optimisme prévaut.

 

« La vie ne va pas être rose »


L'optimisme, mais pas l'euphorie. Seuls des applaudissements polis ont du reste accompagné l'annonce de la décision du tribunal de Strasbourg. Il faut dire que les salariés ont mené un combat harassant pour sauver leur usine, et les mines restaient très fatiguées le 19 décembre, lors de cette annonce heureuse. L'autre raison est que le chemin reste sinueux. « La vie ne va pas être rose, on va avoir plein de défis », a lancé Bart Gruyaert aux salariés en assemblée générale, tout en leur tenant un discours très direct : « On n'est pas coté en bourse, on n'est pas plein de pognon, on n'a pas de prétention, la seule qu'on ait est qu'on veut bosser, être proche de vous »,a martelé le patron flamand, soulignant quatre mots clés : confiance, curiosité, équipe et avenir. Le repreneur mise aussi sur des synergies internes au sein d'Altifort (1800 salariés avec ceux d'Asoval). Par exemple avec les produits issus de la forge, dont la valeur immédiate est modeste, mais qui peuvent gagner très fortement en valeur ajoutée par une phase d'usinage dans un des 10 autres sites d'Altifort. C'est d'ailleurs dans cette même logique de valeur ajoutée qu'Altifort compte implanter un train à fil sur le site, afin de parachever les produits demi-finis réalisés par Ascoval. Cet investissement lourd devrait générer à lui seul 135 postes. Mais la mise en route n'est pas prévue avant janvier 2021.

Olivier Ducuing

 

 

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