Nouvelles mobilités : quel impact économique ?

Les mutations de nos modes de transport et de la mobilité en général sont très rapides. L'ADEME lance aujourd'hui une vaste étude prospective associant la Région, l'Etat et la CCI pour en mesurer les traductions socio-économiques. Pour anticiper les trajectoires mais aussi accompagner les secteurs concernés.

La transition écologique déferle sur nos transports : fin du moteur thermique à l’horizon 2035, envolée des modes de mobilité douce, déploiement rapide de l'électrique... Mais au-delà de ce mouvement très visible et puissant, quelle en sera la traduction économique ? Et comment accompagner socialement ces mutations si profondes ?

C'est l'enjeu d'une nouvelle étude prospective collective régionale rev3 que vient de lancer l'ADEME associant la Région, la CCI et l'Etat. Elle fait suite à deux études quantifiant l'impact en emplois pour les secteurs de l'énergie et dans le champs de l'économie circulaire et à un exercice de prospective à venir "Modes d'occupation des sols et emplois".

« Les transports et la mobilité vont profondément évoluer dans les prochaines décennies. Il s'agit d'identifier les trajectoires possibles pour l'économie régionale et favoriser les accompagnements nécessaires », explicite Mathieu Chassignet, ingénieur expert mobilité, qualité de l'air et à l'ADEME, en charge de l'étude (mathieu.chassignet@ademe.fr).

Car certains domaines seront fortement voire très fortement impactés, à l'exemple des industries de la boîte de vitesse, des stations essence ou des garagistes : un véhicule électrique nécessite beaucoup moins d'entretien que son homologue thermique. Le transport routier de marchandises ou encore l'activité portuaire devront aussi s'adapter.

Bien d'autres secteurs vont au contraire émerger comme la filière des batteries électriques et les services d'auto-partage mais aussi des métiers de logistique urbaine : à titre d'illustration, la cyclo-logistique devrait nécessiter beaucoup d'emplois de proximité dans les prochaines années. L'étude précisera l'ensemble de ces projections d'ici au début 2024.

Une initiative parallèle est menée sur la filière du vélo avec le centre d'expertise Cerema. Car la petite reine a un impact économique considérable : plus de 10 milliards d'euros par an à l'échelle nationale. Ventes, services, infrastructures, entretien, réemploi, cyclotourisme, le spectre est large.

La structuration régionale de cette filière passera aussi par la fertilisation croisée entre monde des collectivités, des associations et des entreprises pour susciter de nouveaux projets. Et favoriser un cercle vertueux entre mobilité durable et emploi local.

 

Pour en savoir plus sur les aides de l’ADEME https://agirpourlatransition.ademe.fr

 

Challenge de la mobilité

Rendez-vous du 18 au 23 septembre pour le nouveau Challenge de la mobilité. L'événement avait rassemblé 200 entreprises des Hauts-de-France l'an dernier. Objectif : s'engager à réduire au maximum les déplacements en voiture pendant toute une semaine. Une vingtaine de prix seront décernés à l'occasion de ce défi collectif pour la mobilité propre. L'opération est co-organisée par le réseau Alliances et la CCI Hauts-de-France en partenariat avec l'ADEME, la Région, la MEL, la SNCF, Hauts-de-France mobilités et l'ADAV.

Les inscriptions sont ouvertes fin mai (https://challenge-mobilite-hdf.fr).

Hydrogène et territoires

La Communauté urbaine de Dunkerque est lauréate d'un appel à projets de l'ADEME Ecosystèmes territoriaux hydrogène. Un projet ambitieux baptisé SHYMED, qui doit à la fois produire, distribuer et utiliser l'hydrogène à des fins de mobilité. Une société de projet a été constituée avec la filiale hydrogène d'EDF, Hynamics. Le projet dunkerquois prévoit la mise en place de 10 bus à hydrogène ainsi que 7 bennes à ordures alimentés par une production de quelque 500 kilos d'hydrogène par jour. Le budget global de l'opération atteint 18,2 M€ dont 5,56 M€ apportés par l'ADEME. La mise en service des premiers véhicules devrait intervenir à partir de 2024.

 

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