Numéro #137

Numéro #137 26/01/2024

Edito

Vents mauvais

Notre région a subi en l'espace de trois mois les caprices de la météo. Une première vague d'inondations majeures, à laquelle nous avions du reste consacré un dossier dans notre dernier numéro, a littéralement ébranlé l'économie du Pas-de-Calais et la vie de dizaines de milliers de personnes. Une seconde (n'osons pas écrire « deuxième », qui supposerait une suite !) lui a succédé quelques semaines plus tard. Puis une vaste dépression neigeuse a recouvert la région à la mi-janvier. Des phénomènes certes pénibles, mais c'est la météo économique qui commence à inquiéter fortement.

Le climat n'est pas fameux, spécialement dans l'Hexagone, et plus largement en Europe, dont son moteur traditionnel, l'Allemagne. Le pouvoir d'achat, sérieusement érodé par l'inflation, affecte le niveau de la consommation. Un état des lieux qui touche bien sûr très directement le secteur du retail, notre dossier du mois. L'intérim, secteur avancé de l'économie, marque aussi clairement le pas. La panne de l'immobilier, en grande difficulté depuis des mois du fait de l'envolée des taux d'intérêt, menace le secteur de la construction dans la durée. Délais de paiement trop longs, assurance crédit trop frileuse, mise en cause très rapide des business models, spirale infernale des normes, industrialisation de la cybercriminalité, lourdes tensions géopolitiques... Difficile pour les chefs d'entre- prise de se frayer un chemin de crête dans cet univers dangereux et incertain.

A ceci s'ajoute une inquiétude de fond lancinante : celle d'une dépense publique totalement incontrôlée, qui a porté l'endettement français à plus de 3000 milliards d'euros, avec une charge annuelle de la dette potentiellement explosive, tandis que les budgets sont votés en déficit sans coup férir année après année, quelle que soit la couleur politique des exécutifs. Les entreprises n'y sont absolument pour rien, mais ce boulet de la dette publique accumulée par des gouvernements inconséquents devient un danger majeur. Les Français le sentent très bien, eux dont le taux d'épargne (près de 18%) est parmi les plus élevés au monde. Le signe d'un manque de confiance évident dans l'avenir, et pas le meilleur ingrédient pour la croissance économique. Pour autant, le pire n'est jamais sûr. Ce numéro regorge d’ailleurs d'exemples d'entreprises à la trajectoire impressionnante. C'est dans le gros temps qu'on reconnaît les bons capitaines ! 

Bonne lecture !

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Publié le 28/05/2024

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