BART GRUYAERT Qui est le mystérieux repreneur d'Ascoval?

"Le mot impossible, il faut l'enlever de votre dictionnaire", a-t-il lancé aux salariés d'Ascoval "Le mot impossible, il faut l'enlever de votre dictionnaire", a-t-il lancé aux salariés d'Ascoval

Bart Gruyaert vient de reprendre une des aciéries les plus modernes d’Europe, Ascoval, et ses 280 emplois. En trois ans, ce Flamand très discret a imposé aux forceps son groupe Altifort dans le paysage économique local. Une stratégie à marche forcée, très soutenue par les collectivités, qui interroge certains. Peu lui chaut. Il fonce.

 

"Bart Gruyaert a hérité de ce caractère très pragmatique, typique des Flamands. C'est un faiseux plutôt qu'un diseux, comme on dit chez nous". Xavier Bertrand connaît bien le repreneur d'Ascoval. Maire de Saint-Quentin, il eut l'occasion de lui présenter la stratégie municipale en matière de robotique. Leurs chemins se sont à nouveau croisés lorsque la fermeture de l'usine Pentair (Ham, dans la Somme) s’est imposée en pleine élection régionale. A l'époque, le choix de ce repreneur divise les élus comme les 130 salariés de la robinetterie industrielle. Le groupe Altifort, fondé par Bart Gruyaert et son associé Stanislas Vivier, un Français, conseiller en marketing, est alors quasi-inconnu dans le paysage économique local. Sa structure même questionne : composé d'une galaxie de petites sociétés spécialisées dans le bâtiment, la robotique, ou la dépollution, il pèse alors 20 M€ seulement. Moins que le chiffre d'affaires de la seule usine de Ham! Et pas plus Bart Gruyaert que son associé n'ont d'expérience en robinetterie. Discret, ce polyglotte - il parle six langues - se présente comme un cadre passé par Philips, Saint-Gobain ou encore Alstom. Ingénieur de formation il a le parler franc, revendique son « bon sens paysan » et ne cache pas ses opinions libérales. Sur twitter, il peste contre les grèves à la SNCF ou appelle à une simplification drastique du code du travail. Sur le terrain, l’homme sait devoir convaincre, multiplie les rencontres avec le personnel, promet des investissements et de grosses perspectives commerciales.

12 reprises en un an !

Bart Gruyaert ne manque pas d'énergie. Ce sportif confirmé, créateur du “Xterra Graveman Altifort”, un triathlon longue distance, s’est lancé dans une course effrénée aux acquisitions. Pas moins d'une douzaine en un an! Parmi elles : deux tréfileries Arcelor Mittal Wire France de Commercy (Meuse) et Sainte-Colombe (Côte-d’Or), D2SC en Normandie, GEA Westfalia Separator à Château Thierry, Flow Control Technologies à Saint-Juéry (Tarn), sans oublier la très médiatique aciérie Ascoval de Saint-Saulve (Nord), dont il veut tripler la production jusqu’à 650 000 tonnes pour écra- ser les prix de revient. Un dossier aux multiples rebondissements, dont l'issue n'a été favorable que grâce à l'effort subs- tantiel des pouvoirs publics. Facture totale de la reprise : 152 M€, financés à plus du quart- 42 M€ - par l'Etat et les collectivités, Valenciennes Métropole et la Région. Altifort apporte 35 M€ en propre. "Seulement", déplorent en « off » plusieurs observateurs, dubitatifs. Le patron qui "refuse le négativisme français" n’a cure de ces critiques. Il est persuadé que les usines reprises sont po- tentiellement rentables, à condition d’investir et de retrouver une visibilité stratégique. Comme à Ham, il entend investir lourdement à Saint-Saulve, dans un train à fil (créateur de 133 emplois), pour accroître la valeur ajoutée des aciers.

"Notre rythme de croissance va désormais se stabiliser à une ou deux acquisitions par an", assure le dirigeant d'Altifort, propulsé à 41 ans seulement, capitaine d'une équipe de 1500 salariés, dont 600 dans les seuls Hauts-de-France.

Son groupe réalise désormais 200 M€ de chiffre d'affaires, contre 65 M€ deux ans plus tôt. Le début d’une grande saga industrielle ?

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