"Changer d'échelle et démultiplier l'effort avec les entreprises" André Dupon, Fondation des Possibles

[caption id="attachment_33506" align="alignleft" width="292"]Crédit Eric Flogny Crédit Eric Flogny[/caption]

 

 

Vous venez de lancer, sous l'impulsion de Pierre de Saintignon, la « Fondation des Possibles », dote?e de 2,8 M€ sur 5 ans. Pour quoi faire ?

Nous sommes dans la maturite? du mode?le de Vitamine T, qui concilie impact social et efficacite? e?conomique. Des entreprises prive?es, de plus en plus motive?es pour faire prospe?rer cette fertilisation entre la question e?conomique et la question sociale, ont avec nous la conviction qu'elles peuvent aussi servir l'inte?re?t ge?ne?ral. Vitamine T a accompagne? 40 000 femmes et hommes depuis pre?s de 40 ans, de?montrant ainsi que l'e?conomie n'est pas « l'ennemie » du social, et inversement. Et notre Fondation a un inte?re?t directement ope?rationnel : nous avons en effet beau former et pre?parer a? l'emploi de nombreux jeunes en difficulte?s qui reviennent de loin et ont re?ussi a? se remettre debout apre?s deux ou trois ans de parcours, ils n'ont pas la garantie de trouver spontane?ment un job ensuite, compte tenu de la situation. La fondation peut e?tre pour eux un superbe acce?le?rateur.

 

Votre Fondation accueille 20 entreprises, pourquoi ce choix ?

Nous avons voulu faire complique?, comme toujours ! (rires). Cette particularite? est en effet unique en France, et le parcours re?glementaire, exigeant et tre?s encadre?, fut laborieux mais victorieux. Il est vrai aussi que 5 entreprises pre?sentes ont de?ja? leur Fondation. Notre objectif commun est de changer d'e?chelle et de de?multiplier l'effort avec les entreprises. Notre objectif ope?rationnel a? travers notre Fondation d'actions, a? la fois actrice et redistributive, c'est d'abord l'emploi des jeunes. Nous venons par exemple de lancer un appel a? projets aupre?s de jeunes en difficulte?s qui veulent cre?ent leur propre emploi et allons leur proposer des marraines et parrains salarie?s des entreprises fondatrices, des coachs pour les accompagner avec bienveillance et exigence. Nous voulons aussi contribuer a? la cre?ation d'une e?cole Simplon (e?cole solidaire de code informatique).

Les Fondations fleurissent dans la re?gion depuis quelques anne?es, comment analysez- vous ce phe?nome?ne ?

Dans l'ADN de l'e?conomie re?gionale, il est des entreprises qui portent en elle la RSE. Ailleurs Vitamine T n'aurait jamais pu se de?velopper autant sans cette alliance rare entre acteurs sociaux et acteurs prive?s. Avec par exemple des chefs d'entreprises comme Eric Derville ou Jean-Franc?ois Dutilleul, j'ai rencontre? des patrons humanistes qui depuis longtemps ont la question sociale cheville?e au corps. Mais, en matie?re de fondations, nous avons encore de la marge par rapport aux mode?les des pays du Nord ou anglo-saxons. Ce qui est nouveau en France, c'est que la notion d'inte?re?t ge?ne?ral commence a? passer la frontie?re public/prive?.

L'usage des Fondations n'est-il pas parfois abusif, juste pour de?fiscaliser, sans trop de logique philanthropique ?

Il faut respecter leurs intentions et les juger sur leurs re?sultats. Aujourd'hui les nouvelles Fondations sont souvent le fait d'entreprises prive?es. Nous ne sommes pas a? l'abri parfois de tentation de "social washing " ou de simple recherche d'optimisation fiscale. Le ministe?re de l'e?conomie et la secre?taire d'Etat a? l'ESS viennent de commander un rapport a? l'inspection ge?ne?rale des finances de pre?conisations sur l'e?volution des statuts des Fondations, qui doit e?tre remis fin mars (entretien re?alise? le 8 mars). Notamment sur les fondations actionnaires, comme c'est assez largement re?pandu au Nord de l'Europe. C'est une ide?e neuve et innovante ! Le de?veloppement des fondations re?pond aussi a? la ne?cessite? de diversifier les ressources pour re?pondre aux enjeux sociaux. Il y a en effet longtemps que nous avons quitte? les 30 glorieuses , ou? l'intervention de l'Etat dans l'action sociale et sa capacite? budge?taire e?taient "no limit". Depuis, avec les "30 piteuses", l'argent public se fait de plus en rare alors que les besoins sociaux augmentent. Songez que chez Vitamine T, 51% de nos ressources venaient de l'argent public il y a 15 ans, pour 13% aujourd'hui.

Recueilli par Olivier Ducuing


 

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