Numéro #86

Numéro #86 16/10/2018

Edito

Destin collectif

Jean-Pierre Raffarin avait théorisé « la France d'en-bas ». Christophe Guilluy « la France périphérique ». Il va plus loin aujourd'hui dans son livre « no society » , sur la fin des classes moyennes. On peut ajouter le recul de la République mis en lumière par l'enquête « Inch'Allah » sur l'islamisation affolante de la Seine-Saint-Denis, sous la houlette de Gérard Davet et Fabrice Lhomme. Si l'on ajoute le phénomène massif de mondialisation, dominée par la puissance financière et de réseau des GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) et des NATU (Netflix, AirBnB, Tesla et Uber) d'un côté et par le rouleau-compresseur économique chinois de l'autre, le destin du modeste habitant de Fourmies, Montdidier ou Hesdin ne pèse pas lourd face à ces enjeux.

Pourtant, la France est chez lui aussi, pas seulement dans les start up ou autres scale-up lilloises de la French Tech, mises en valeur dans des radieuses « welcome sessions ».

Fierté d’appartenance
Certes, notre région est heureusement capable de générer des Cooptalis (mobilité internationale) ou des Tiamat (batteries révolutionnaires) qui viennent de lever respectivement 20 et 3,6 M€, et même une licorne admirable, OVH. Et de porter des entreprises familiales au temps long, telles Roquette, Lesaffre, Bonduelle, dont l'anticipation et l'adaptation sont au cœur de l'ADN. Auchan, qui va implanter des fermes près de ses hypers, qui cherche de nouveaux choix disruptifs, poursuit cette même logique.

Mais le territoire -thème du dernier World Forum- ne peut pas être seulement l'adjonction des succès des uns et des autres, côte à côte. Il faut un élan collectif, pour entraîner toute la région, jusqu'à Montdidier, Fourmies et Hesdin.

La métropole lyonnaise est venue à Lille exposer son exemple brillant de dynamique territoriale structurée, pensée, appropriée par une gouvernance collective assumée, associant tous les acteurs, avec pour cible le top15 des métropoles européennes, avec une marque, Only Lyon, et des priorités claires. Pour ne pas subir la mondialisation mais en être un acteur et un bénéficiaire. Et entraîner une fierté d'appartenance, meilleur remède contre le lent détachement des populations périphériques. Où est le portage de ce destin collectif de la région de Lille ?

Olivier Ducuing

 

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Publié le 16/10/2018

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