Aurora ira-t-elle stériliser en Belgique ?

La jeune société Aurora a signé un accord de licence avec la SATT pour exploiter une technologie disruptive de stérilisation par plasma froid. Mais elle risque de s'implanter en Belgique.

 

C'est une petite révolution dans le monde du dispositif médical que porte la société Aurora, basée à Wasquehal et incubée par Eurasanté. Créée en mars 2019 par Yan Laarman, Thomas Parias et Jean-François Mallinjoud, la société compte déployer une invention issue de l'université de Reims-Champagne Ardenne (URCA) et du Critt-MDTS, détenteurs du brevet, au terme d'années de recherche démarrées en 2005, par les équipes respectives de Sophie Gangloff et Jean-Marc Popot . Il s'agit d'une technologie de stérilisation, dite Plasster, par plasma d'oxygène à froid, qui est présenté comme non toxique, non agressif, utilisant peu d'énergie et très efficace y compris pour des dispositifs mé-dicaux de grande taille. Le dispositif médical peut être stérilisé dans son emballage final. « Cela fait quarante ans qu'il n'y avait pas eu de rupture technologique », vante Yan Laarman, pdg d'Aurora. Or il existe quatre autres familles de procédés, qui toutes posent des problèmes : par vapeur d'eau saturée, en autoclave, par rayonnements ionisants (rayons gamma), par péroxyde d'oxygène ou par oxyde d'éthylène. Des systèmes qui peuvent endommager certains matériaux, comme les polymères souples, ou les biopolymères utilisés pour certaines prothèses résorbables, qui peuvent laisser des résidus toxiques. « Les trois quarts des endoscopes utilisés aujourd'hui ne sont pas stérilisables en hôpital en raison de leurs formes complexes, ce qui provoque de très nombreuses infections nosocomiales », pointe le dirigeant.

 

Lille ou la Belgique

Déjà deux prototypes ont été réalisés «de la taille d'un gros frigo américain », et la société doit maintenant en concevoir un troisième appelé à porter le marquage CE, sésame indispensable pour attaquer le marché hospitalier. Celui-ci est chiffré à 1,5 milliard d'euros, en croissance annuelle de 5 à 10%. Aurora vise aussi un autre segment, celui de la stérilisation industrielle, estimé quant à lui à 3 milliards d'euros.

Yan Laarman estime à deux ans le temps de développement pour accéder au marquage CE avant de réaliser du chiffre d'affaires, mais avec de grosses perspectives : outre la vente des machines, le modèle se fonde sur la commercialisation récurrente de consommables, les sacs de stérilisation. 5 brevets sont d'ailleurs en cours de dépôt. Aurora a signé un accord de licence auprès de la SATT Nord, et entend désormais conclure une levée de fonds de 3M€(dont 2,5 M€ en fonds propres) pour mener à bien sa stratégie. Avec en ligne de mire l'embauche d'une trentaine de personnes sous cinq ans (recherche, conseil, maintenance surtout) sans compter une quinzaine de salariés en fabrication. Mais les négociations avec les investisseurs lillois sont compliquées, explique le dirigeant, qui négocie en parallèle avec un fonds belge, avec lequel il est en phase de due diligence. « On hésite entre fonds publics français et belges. Dans un cas on reste en France, dans l'autre on irait en Belgique », lâche-t-il, évoquant une finalisation financière imminente dès ce printemps.

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