Groupe Supinfocom s'offre un campus à l'américaine en Inde



Francis Aldebert, président de la CCIV et Dominique Riquet, maire de Valenciennes, en compagnie de DS Kulkarni sur le campus de Pune

Exit les critères occidentaux. C'est par une entrée digne de la porte de Brandeburg que s'ouvrira bientôt le campus confié en franchise en 2006 par le groupe Supinfocom au conglomérat DSK, à Pune. Ce jour-là, une batterie de plantons en uniformes au garde à vous, dans une guérite improbable ouvrent une barrière fatiguée devant un défilé de berlines.


Le site de Pune compte 143 étudiants dont 25 français.
Un mélange bienvenu pour dynamiser les Indiens habitués aux cours magistraux. Mais le ratio de français ne dépassera jamais 20%.

Francis Aldebert, président de la CCI du Valenciennois, Dominique Riquet, maire de Valenciennes et une large délégation sont reçus par leur partenaire indien, le magnat DS Kulkarni. Une figure de l'économie indienne, autodidacte parti de la vente de désinfectants pour téléphones qui a bâti en quelques années un empire hétéroclite coté en bourse, du bâtiment aux ordinateurs scolaires en passant par le plus gros concessionnaire indien de Toyota (500 millions d'euros de CA, 10.000 salariés). Depuis deux ans, sous l'étroit contrôle pédagogique du groupe Supinfocom et d'Alain Hernoux, patron du pôle formation de la CCIV, il érige un campus à l'américaine à la périphérie de Pune.

Après avoir essaimé avec succès Supinfocom en Arles en 2000, en partenariat avec la CCI locale, la CCIV a fait le pari un peu fou de dupliquer d'un coup l'intégralité de ses trois écoles de management de l'image dans la principale ville étudiante d'Inde : design pour l'ISD, animation 2D et 3D pour Supinfocom et jeux pour Supinfogame. Foin des cours magistraux, ces écoles apprennent aux jeunes à monter des projets comme les professionnels, sous forme de petites équipes très encadrées par des professeurs expérimentés. Une formule atypique dans l'enseignement supérieur mais dont les professionnels du monde entier s'arrachent les diplômés.

Des débuts épiques

Les débuts à Pune furent pour le moins acrobatiques : choc des cultures avec des jeunes indiens déconcertés par cette formation interactive, tornade, hébergement et enseignement dans des conditions tendues, retards de chantier, crise mondiale...

L'équipe valenciennoise a du déminer sans cesse. " On a bidouillé pendant un an, reconnaît Francis Aldebert, président de la CCIV. Mais aujourd'hui on a atteint une rigueur de procédure qui permet d'essaimer ". Et le miracle indien est là : sans la moindre grue, un campus à l'américaine s'érige à la vitesse spectaculaire des innombrables petites mains indiennes : plus de 1000 personnes travaillent sur le chantier à certaines périodes. " Mon devoir est de vous donner la meilleure infrastructure, en retour vous me devez la meilleure éducation ", lance le tycoon DS Kulkarni, qui a su casser (un peu) sa tirelire 30 millions de dollars sur ce projet. L'objectif est partagé par toute l'équipe pédagogique, soucieuse d'offrir la même formation d'excellence en Inde comme en France, mais en langue anglaise. Après avoir essuyé les plâtres, le campus prend son rythme de croisière. Deux bâtiments identiques au premier vont sortir de terre, le premier pour héberger Supinfocom et Supinfogame, le second pour accueillir des entreprises attirées par le know-how du campus.

En 2013, le site devrait compter 1000 étudiants, promet DS Kulkarni, qui entend bien aider les Indiens à travers des prêts sans intérêt accordés à un quart d'entre eux.

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