Yves Besse de Laromiguière

Qu'est-ce qui vous fait courir ?
C'est de donner du sens à ma vie et à mon action. Je cherche constamment,à ma petite mesure, à faire reculer la barbarie et avancer la civilisation.

Peut-on avoir de telles aspirations quand on est " le nez dans le guidon " ?
Je pense sans cesse de cette manière, y compris au plan professionnel. Je suis persuadé que la plus-value de demain se fera sur le sens. Les entreprises qui existeront demain seront celles qui sauront cultiver le sens de laction de leurs collaborateurs et le sens donné à leurs produits. Je ne fais pas de cloisonnement entre vie professionnelle et personnelle. Ma vie est nourrie de prière, cela m'aide à réfléchir et donner du sens à mes actions quotidiennes. J'essaie de m'inscrire dans une démarche de progression de lhomme. Cela donne une vraie cohérence. C'est très sain d'avoir une unité d'action et de pensée sur le plan professionnel et personnel. Mais vous savez, c'est une intimité que je n'aborde pas avec mes collaborateurs.

Quel est votre livre de chevet du moment ?
J'ai toujours 4 ou 5 livres commencés, et il est rare que je les termine car jai trop de sujets d'intérêt ! Aujourd'hui, je lis " le phénomène humain " de Theilard de Chardin, qui ma été offert par un neveu. C'est très dur à lire, mais j'espère en tirer quelques lumières. J'ai toujours les textes bibliques et notamment le Magnificat à portée de main. J'ai aussi une pile de magazines, les Echos, le Monde et le Figaro de temps en temps, l'Histoire, Connaissance des Arts mais aussi des magazines auxquels sont abonnés mes enfants et que j'aime feuilleter comme Archéo, Sciences et Avenir, le petit Léonard, par exemple.

Si vous deviez aller sur une île déserte, qu'emporteriez- vous ?
J'emporterais de toute façon la Bible, un couteau et de la ficelle ! Pas de disque, je me contenterai de chanter, j'aime bien les petits airs d'opéra, les vieilles chansons françaises mais aussi Brassens ou les Beatles

Quel est le dernier paysage qui vous ait profondément ému ?
La Méditerranée est une grande région qui me donne des émotions particulières, qui offre des paysages qui m'enchantent. J'ai fait le tour de la Méditerranée en voiture avec ma famille il y a quelques années. Ce voyage ma laissé des images très fortes comme cet extraordinaire canal artificiel entre le Péloponnèse et Athènes. J'ai la chance par ailleurs d'aller souvent en Lozère, nous avons une propriété de famille dans les Gorges du Tarn, j'adore m'y ressourcer pour regarder la montagne, écouter le silence, sentir la qualité de l'air, de la paix.

Quest-ce qui peut déclencher votre colère ?
Ce qui mexaspère, c'est la méconnaissance généralisée des bases de l'économie. On quitte les rives du bon sens et de la logique. Mon deuxième sujet de colère, c'est le zapping permanent des règles, face à la pression publique. Quand j'ai créé l'entreprise il y a 22 ans, je ne savais pas que je rentrais dans un jeu dont on allait changer les règles sans cesse La dictature de la démocratie me désespère aussi : chaque jour, on remet régulièrement en question la décision prise par le pays de confier le pouvoir pour une période donnée à un groupe de personnes, le jeu est de détruire les personnes quon a pourtant mises en place.

Vous semblez sensible à la " respublica ", la chose publique ?
J'ai toujours été passionné de politique, j'en ai même fait il y a trente ans, mais j'ai arrêté pour faire vivre ma famille ! J'ai souvent hésité depuis à me relancer en politique.

Vous défendez avec force les valeurs du développement durable dans votre entreprise. Est-ce un engagement également personnel ?
J'ai été consterné de voir l'impuissance des gouvernements à Copenhague. J'ai même édité un sticker militant à ce sujet ! J'ai confiance dans l'intelligence humaine. Mais il faut des décisions courageuses de chefs d'Etat courageux, qui font aujourd'hui défaut. C'est stimulant de se remettre en question profondément. Comme chef d'entreprise, j'ai vu que le réflexe des bas prix a tué la capacité de beaucoup d'entreprises à se renouveler. Or on arrive à vendre et de mieux en mieux ce qui est vraiment écologique.

Coupez-vous l'eau du robinet quand vous vous lavez les dents ?
Absolument ! Et je fais aussi attention à faire couler le moins d'eau quand je prends ma douche. Plus largement, j'ai le réflexe de toujours chercher à faire plus naturel et moins compliqué. Je cherche toujours des solutions

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