Antoine Devilder : une reprise bien cadrée

Autodidacte, c'est à 25 ans qu'Antoine Devilder créé sa première entreprise : Micauterme, sur le marché à terme de la pomme de terre. Puis ce furent les endives qui le captivèrent en même temps que l'immobilier. Cette dernière passion lui donne l'occasion de reprendre l'an dernier une première société : Vandelannoote, à Wasquehal, spécialisée dans le second oeuvre du bâtiment. Une reprise qui porte déjà ses fruits.
" Le chiffre d'affaires de cette petite affaire de cinq personnes a connu 20 % de progression cette année dans un contexte économique difficile. Ce succès lui donne envie de racheter une seconde entreprise dans le secteur du bâtiment, plus importante et à potentiel. Il s'intéresse d'abord à une entreprise spécialisée dans la construction de maisons puis à un second dossier dans les charpentes. Deux domaines qu'il juge trop dépendants de la crise. Fin juin, Nord Transmission lui propose Boirama Production. " J'ai été séduit par la qualité des équipes, la solidité de la structure financière et la haute technicité des produits. " Début septembre, il signe la lettre d'intention. Et l'acquisition est finalisée trois mois plus tard.
Le cédant, Jean-Michel Boyer, fils du créateur de Boirama, entré dans l'entreprise à l'âge de 16 ans, cherchait depuis près de deux ans un repreneur à sa mesure après 38 ans de maison. Un premier candidat avait déjà passé huit mois dans la société mais le courant n'était pas passé. " Il voulait tout changer, ne respectait rien des valeurs de notre entreprise familiale "

Développer la clientèle de particuliers

5000 châssis posés par an, près de 600 modèles de portes d'entrée... Boirama est l'indépendant régional le plus important du secteur. Il est le seul à fabriquer et vendre des menuiseries à la fois en bois, en PVC ou en aluminium.
" Boirama se caractérise par sa souplesse et sa réactivité. Nous tenons des délais de 10 à 15 jours pour la livraison de châssis alu. "

La société réalise un chiffre d'affaires de 3,2 M€ partagé entre le secteur public (40 %), les particuliers (30 %) et les promoteurs immobiliers (30 %). En 2009, la société n'a pas trop souffert de la crise grâce au marché de renouvellement sur lequel elle est très présente.
Si la stratégie de reprise d'Antoine Devilder ne consiste pas à révolutionner une affaire qui tourne bien, il compte faire profiter Boirama de son expérience auprès de la clientèle de particuliers. " Aujourd'hui, nous avons un seul commercial itinérant qui tourne dans un rayon de 30 à 40 km autour de St Amand. D'ici fin 2010, nous allons ouvrir un bureau dans le secteur d'Arras avec un commercial qui rayonnera dans le Pas-de-Calais et deux ou trois monteurs. " Les particuliers, exigeants sur la qualité et conscients qu'un prix doit se justifier par un argument technique, sont, selon lui, une source de développement évidente. Si l'initiative est concluante, elle sera étendue à d'autres villes comme Amiens, Reims...
Boirama devrait ainsi retrouver une nouvelle dynamique commerciale en agrandissant son secteur géographique.

Motivation et fidélité

Qualité des produits, mais aussi motivation des 24 salariés de l'entreprise dont certains ont intégré Boirama dès leur sortie du lycée professionnel. Parmi eux, un homme clé, Benoît Gras, à la fois commercial et chef d'équipe. Antoine Devilder va embaucher et former un jeune qui sera son bras droit.
Fidélité également chez les partenaires : fournisseurs - une trentaine, tous français, les meilleurs dans leur spécialité - , mais aussi banquiers, ceux-là même qui ont participé au tour de table organisé lors du rachat de l'entreprise -dont le prix est gardé secret- avec Oseo, l'IRD et des actionnaires privés.
Certifiée Qualibat, Boirama compte bien participer à la mise en oeuvre du Grenelle de l'Environnement. D'ici 2020, toutes les fenêtres devront être isolées et donc posséder des doubles vitrages. Ces bonnes perspectives permettent à Antoine Devilder d'envisager l'avenir avec sérénité et, notamment, l'acquisition à moyen terme de nouveaux bâtiments show-room et ateliers-, car la société n'est pas propriétaire de ses locaux. Un important investissement à prévoir.

 

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