Log's passe (encore) la surmultipliée
450 000 m2 de nouveaux programmes, développement international, 1500 recrutements : Log’s change de braquet et s’en donne les moyens financiers.
Franck Grimonprez appuie encore un peu plus sur le champignon. Le dirigeant du premier logisticien régional, Log’s, vient de conclure une grosse opération d’ingénierie financière de Sale & Lease Back avec le fonds North Heaven Real Estate 9, via Morgan Stanley Real Estate Investing. L’opération porte sur 11 des 28 entrepôts du groupe. « Cela nous apporte du cash net de dette pour asseoir une capacité de financement de 240 M€ », se félicite Franck Grimonprez.
Pour quoi faire ? Le groupe, qui exploite déjà plus de 700 000 m2 logistiques (dont 500 000 m2 en Hauts-de-France), et sur une dynamique très rapide, veut encore accélérer. Or l’activité logistique est un métier de plus en plus capitalistique. Log’s, qui travaille avec le CEATech a envoyé 3 cadres au CES de Las Vegas, investit chaque année 2 à 3 M€ dans l’innovation. Sans compter les investissements en équipements qui ont tendance à augmenter.
Le nouveau plan stratégique du groupe, baptisé explicitement Ambition 200, vise à atteindre les 200 M€ de chiffre d’affaires d’ici à 2022. En 2018, il a déjà atteint 125 M€, en progression de 31%.
Blocage à Seclin
Pour y parvenir, Log’s compte développer de nouvelles opérations de grande envergure, soit 450 000 m2 dans les quatre ans. Le groupe dispose de 90 ha de foncier pour ce faire, avec des projets précis en vue à Sailly-lez-Cambrai, Monchy-le-Preux, Maubeuge, Wattrelos et Denain. Cette dernière plateforme devrait s’étendre sur 100 000 m2 en bord à canal, un projet qui s’inscrit dans l’anticipation du canal Seine Nord.
Franck Grimonprez porte également un gros programme dans la métropole lilloise, à Seclin, soit 80 000 m2 dédiés à un major de la grande distribution. Il devrait créer 350 emplois directs et 150 indirects, pour un investissement de quelque 70 M€. Mais ce projet se heurte à une modification du PLU qui prévoyait initialement une zone de 60 ha, ramenée à 20 ha, au nom de la protection des champs captants.
Or pour le dirigeant logistique, le projet est très vertueux depuis la récupération des eaux pluviales jusqu’aux déplacements assurés par un parc de véhicules à gaz. « Quand un agriculteur utilise 20 kilos de pesticides à l’hectare, moi je ne mets que de l’eau propre. On reste en cohérence avec le schéma de développement urbain, à la porte de la métropole », affirme Franck Grimonprez, qui estime avoir trois mois pour mettre le projet en production. Pour le patron nordiste, « on ne peut pas avoir une ambition logistique et ne pas avoir de foncier ».
En parallèle, le groupe s’apprête à finaliser deux acquisitions à l’international, une première, même si Log’s avait déjà tenté des développements en propre (Russie, Chine, Espagne). Le groupe avait ensuite du faire machine arrière. « Mieux vaut trouver des entreprises dans notre ADN et notre projet », note le dirigeant qui annonce une opération en Afrique et la seconde en Asie.
1500 recrutements
L’ensemble de ces développements va générer des besoins humains considérables pour le groupe, qui table sur 1500 recrutements d’ici à 2022, qui s’ajouteront aux 2000 salariés actuels. Pour s’y préparer, Log’s lance dans quelques semaines sa propre école, la Log’s School, sur 800 m2 dédiés, à Lesquin. SI l’entreprise entend devenir un acteur important dans la logistique européenne en visant le top 10, Franck Grimonprez revendique pourtant une logique de Pme, fédérées sous une même marque, mais avec des entités distinctes qui savent se couler dans l’ADN de leurs clients et les accompagner dans la mutation de leur supply chain.
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