ArcelorMittal se met au vert

Crédit : Sébastien Jarry Crédit : Sébastien Jarry

A Dunkerque, le sidérurgiste engage des projets ambitieux pour réduire ses émissions de CO2 de 33% à horizon 2030. Changement de process, acier recyclé et capture de CO2 au programme. Dans le viseur, la neutralité carbone en 2050.

Le géant mondial de l’acier donne un coup d’accélérateur au verdissement de son activité. Malgré les efforts et les investissements colossaux entrepris ces dix dernières années pour réduire son empreinte carbone, ArcelorMittal Dunkerque reste un émetteur considérable de gaz à effets de serre: 11 millions de tonnes de CO2 l’an dernier. Arrivé à ses limites notamment technologiques, le sidérurgiste a décidé de mettre sur pied trois projets pour atteindre des objectifs audacieux sur son site nordiste, classé Seveso : réduire ses émissions de dioxyde de carbone d’un tiers d’ici à 2030. Avant la neutralité carbone en 2050, en remplaçant notamment le charbon par l’hydrogène dans sa production, révèle le responsable des projets décarbonations d’ArcelorMittal Dunkerque, Henri-Pierre Orsoni. Lequel ne ferme pas la porte à d’éventuelles collaborations avec la future usine H2V ou Air Liquide sur ce sujet.

Sur sa feuille de route, le projet Igar - le plus ambitieux et inédit en Europe - vise à transformer ses trois hauts-fourneaux en « hauts-fourneaux verts ». Ils sont aujourd’hui les principaux responsables de la pollution du site, puisqu’ils engendrent 90% de son gaz carbonique. ArcelorMittal France mobilise 200 M€ pour retravailler en profondeur le process des hauts-fourneaux de Dunkerque. Il vise une réduction de 17% de leurs émissions de CO2 dans les cinq ans via le recyclage du gaz réducteur, issu des gaz sidérurgistes, en remplacement du charbon. En parallèle, l’industriel veut doubler le recyclage d’acier pour passer à deux millions de tonnes recyclées dans les deux prochaines années, contre la moitié aujourd’hui. Cette montée en régime permettrait à l’usine de réduire de 8% ses émissions de CO2 dans les dix prochaines années. Sur le marché, la ressource est disponible, affirme Henri-Pierre Orsoni. ArcelorMittal pourra en effet s’approvisionner en Europe parmi les 14 millions de tonnes d’acier usagé exporté. Toutefois, « ce marché de l’acier recyclé au niveau européen doit être plus structuré », estime le responsable décarbonation du sidérurgiste.

Pour parachever son virage vertueux, Arcelor table sur un projet piloté avec un consortium de 11 partenaires, dont Axens, Total et l’IFP-EN, pour la capture du CO2. Afin de le purifier, le liquéfier pour qu’il soit réutilisé ou stocké en Mer du Nord. Le process permettrait au sidérurgiste de réduire ses émissions de 8% en région. Un pilote est en cours jusqu’en 2025, avant la construction l’année suivante d’une installation industrielle sur le site d’ArcelorMittal Dunkerque. De quoi capter, dans un premier temps, près d’un million de tonnes de CO2 par an.

Soutien européen

Tous ces efforts impacteront de facto à la hausse le coût de production. Soit +30 à +80%, évalue le directeur du site Dominique Pair, sur fond de concurrence rude avec l’acier à bas prix de la Russie et de la Chine. A l’échelle européenne, les expérimentations de décarbonations représenteraient un investissement important pour le groupe ArcelorMittal : 15 et 40 Mds d’euros, selon ses calculs. « Ces projets ne sont pas rentables pour nous, précise Henri-Pierre Orsoni. Mais ils sont nécessaires car ce sont des demandes de l’europe ». A qui les équipes demandent, conjointement avec les politiques publiques régionales et nationales, un accompagnement financier pour atteindre les objectifs fixés. « Notre feuille de route est ambitieuse mais réaliste, sous condition qu’on ait accès à certains financements, poursuit Dominique Pair. A l’heure où on parle beaucoup de souveraineté nationale et de réindustrialisation, on aimerait rappeler que nous, nous sommes déjà présents sur le territoire ! » L’appel est lancé

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