Le Gabo, des ambitions et des faiblesses, au cœur de Plaine Images

Au sein de la Plaine Images, cette nouvelle table a réussi sa transformation de la chaufferie mais cette première expérience de restauration demande à être confirmée.

Dans cet îlot industriel en réhabilitation, fermé sur lui même, qui abrite (ou cache, devrait-on dire) plusieurs entreprises employant quelque 2 000 salariés ou plus dans les métiers de l'image, le jeune et sympathique Lucas Gabrowski est venu nicher, en avril, sa première expérience à son compte.

L'adaptation du lieu en restaurant a été confiée à l'architecte d'intérieur Sacha Guizet. Ce n'était pas chose aisée dans un lieu aussi brut, une ancienne chaufferie, fait de piliers de béton massif dont la destination n'y invitait guère. L'insertion d'éléments de mobilier moderne, bien conçus, d’une apparente simplicité, faite de bois et béton lisses, comme les banquettes, tables ovales ou carrées, le bar lumineux, n'est pas forcée, le geste architectural outrancier a été évité pour donner un esprit loft de bon goût ; ce pari-là est réussi.

Après un apprentissage au lycée hôtelier d’Orchies, le chef de 25 ans est déjà passé dans plusieurs établissements : l’Ermitage gantois, les Gourmets de Marcq, le Nomos et le Neso à Paris de Guillaume Sanchez, ancien participant à l’émission Top Chef.

Au déjeuner, il propose un menu, renouvelé tous les 3 jours à 29 € en 3 services, composé de 2 entrées (haddock, yaourt, radis ou betteraves, sarrasin œuf de poisson, crème) et 3 plats (carré de porcelet, mousse de pommes de terre, sauce verte, ou gnocchis, herbes, feta par exemple).

Le soir est à la formule « Finger food » qui propose une dizaine de plats qui ne se mangent pas avec les doigts et contiennent tous un composant étranger : caviar d’aubergine sel viking, asperges vertes stracciatella, yaourt grec betterave épices zaatar, burrata pesto de roquette, tenders marins mayo iodée, gyoza poulet sauce chimichurri, kefta bœuf au BBQ, fougasse pastrami cheddar, poulpe pimento patate douce ; à cela s’ajoutent trois desserts.

L’accueil et le service sont agréables, et l’ambition forte. « La cuisine du Gabo s’oriente vers une réinterprétation contemporaine de la gastronomie française. Mélange esthétique puissant, inspiration sans cesse en mouvement, le Gabo étend l’expérience culinaire à travers une carte courte où l’on ne s’ennuie pas », pouvons-nous lire sur le site, probablement rédigé par un « communicant ». Pourtant, lors de notre visite, nous avons trouvé dans chaque plat des cuissons mal maîtrisées, (poulpe, kefta, tenders), des associations qui desservent certains produits excellents comme le pastrami (bœuf saumuré), égaré dans un pastiche de croque-monsieur, des légumes (betteraves) ayant perdu leur goût typique, des sauces sans caractère malgré des noms exotiques qui font chanter la ligne. Nous sommes certainement tombés un mauvais jour... où la technique était défaillante pour soutenir le désir d’innovation, en dépit de la bonne volonté.

Bonnes bières artisanales à la pompe : Mongy, Moulin d’Ascq, Pin Pon, Poule mouillée, Cadette.

LE GABO
Ouvert lundi-samedi
de 12h à 15h
Jeudi-samedi 17h-23h
99A bd Constantin Descat
59200 Tourcoing
Tél 09 79 50 13 34
www.restaurant-gabo.com 

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